Pendant le second empire, des musiciens fertois décident de former un orchestre de fanfare. Cette société est reconnue officiellement en 1868.

Il s'agit d'une initiative courante à cette époque, le développement de la pratique musicale ayant été encouragé par les autorités depuis la restauration, d'abord sous la forme d'ensembles vocaux d'hommes ou d'enfants (les orphéons), puis sous la forme d'orchestres d'harmonie ou de fanfare, aidés en cela par le perfectionnement et le développement de la facture instrumentale. C'est en effet à cette époque qu'est créé le saxophone. La formation de musiciens militaires dans le cadre de l'engagement ou de la conscription apporte aussi une contribution importante.

Cet orchestre de fanfare regroupe rapidement de 20 à 25 musiciens. Rappelons qu'en 1868 La Ferté-Alais compte 853 habitants. Quels instruments sont pratiqués ? le cornet à piston, le bugle, le trombone, les saxhorns (autre famille d'instruments inventée par Adolphe Sax).

Que jouent ces musiciens ? des airs d'opéras ou d'opérettes à la mode, des danses, des marches... A quelles occasions jouent-ils ? des fêtes locales, des défilés, des spectacles, partagés parfois avec des artistes professionnels, et associant musique, chant et théâtre. Ils participent surtout à des concours musicaux (34 concours de 1867 à 1899) leur permettant de rencontrer d'autres musiciens, de se comparer avec d'autres orchestres et ainsi d'obtenir des médailles, des palmes, individuellement ou en orchestre, qui sont ensuite accrochées à la bannière.

Ces concours ont toujours lieu en Seine et Oise ou dans des départements voisins, à l'exception du concours de Londres en 1882.

C'est en se rendant au concours de Brighton que se produisit le 6 septembre 1881 l'accident de chemin de fer de Charenton qui entraîna le décès de 6 fertois qui accompagnaient les musiciens.

La ville de La Ferté-Alais a organisé elle-même deux concours de musique en 1870 et en 1893.

Dans les années 1890-1900 apparaissent les premiers saxophonistes, ce qui complète l'effectif de l'orchestre.

La société est constituée en association conformément à la loi de 1901 en 1906-1907.

 

La première guerre mondiale interrompt toute activité, et 8 musiciens sont tués au cours de la guerre. L'association ne reprend son fonctionnement qu'en janvier 1920. C'est un orchestre diminué, mais comprenant beaucoup de nouveaux musiciens, qui essaye de retrouver les activités de la belle époque, mais avec moins de moyens financiers, ce qui explique la moindre participation à des concours et la diminution puis la disparition des concerts organisés avec des artistes professionnels.

Un nouveau mode de fonctionnement s'impose, et l'orchestre retrouve une activité de bon niveau à partir de 1935.

Un festival de musique est organisé à la Ferté-Alais le 26 juin 1938 à l'occasion du 70ème anniversaire de l'association. Il regroupe 350 musiciens issus de 8 orchestres du sud Seine et Oise.

De nouveau la guerre interrompt les activités de l'association. 6 musiciens sont prisonniers de guerre. Aussi, en demandant une autorisation d'existence et d'activité aux autorités d'occupation,  il est rapidement décidé d'organiser des concerts au profit des prisonniers de guerre, d'abord au profit des musiciens, puis au profit de tous les fertois. Les sommes réunies sont confiées aux familles de prisonniers ou remises à « l'oeuvre du colis du prisonnier » qui organise l'envoi de colis mensuels.

A la Libération, le 23 août 1944, les hymnes anglais, américain, belge et français, ainsi que la Madelon, sont joués pour la population présente place de la Libération.

Après la guerre et le retour des prisonniers, l'activité est orientée totalement vers des concerts en extérieur et des défilés.

Une clique (ensemble de tambours et clairons) est intégrée à l'association à partir de 1951, mais est placée sous la responsabilité des sapeurs-pompiers dix ans plus tard.

Dans les années 1960, le nombre de musiciens s'accroît en raison de l'arrivée de musiciens ayant fait partie d'autres orchestres de la région et qui ont cessé leur activité.

C'est également le moment où apparaissent les premières femmes et jeunes filles dans l'orchestre, qui jusque là était complètement masculin.

Petit à petit, et notamment en raison de la féminisation, s'opère la transformation de l'orchestre de fanfare en orchestre d'harmonie : c'est-à-dire que s'ajoute aux instruments « cuivres » déjà présents les « bois » (flûte, hautbois, clarinette) ; Leur proportion va grandissante des années 1960 aux années 1980.

Les défilés sont abandonnés, les concerts en salle sont privilégiés, dans la salle de cantine du CEG ou à l'église, et le répertoire évolue vers une musique plus variée.

Un festival prévu pour le centenaire de l'association devait avoir lieu le 16 juin 1968. Il a finalement eu lieu le 22 juin 1969, avec un concert au stade Carnot et un bal.

Dans les années 1970, la formation d'un orchestre d'harmonie se confirme. Les concerts en extérieur pour Pâques ou la fête patronale disparaissent, par commodité ou en raison du développement des congés en période estivale.

Depuis les années 1980, un rapprochement est effectué avec le monde musical professionnel, d'abord pour l'organisation de concerts présentant différents ensembles (quintette de cuivres, quintette de saxophones, trompette et orgue, ensemble de clarinettes, ensemble de cors), puis pour la réalisation de cours de musique de bon niveau.

Ces concerts sont réalisés principalement à l'église, avant que la salle des fêtes soit aménagée.

Les musiciens sont associés à deux créations musicales : en 1985 pour un projet départemental et en 1998 dans le cadre d'un projet local.

Au printemps 1989, une exposition rassemblant instruments et archives est réalisée à l'occasion du 120ème anniversaire de l'association.

Enfin sont réalisés à partir de 1997 des concerts de musique de chambre pour instruments à vents.

La Société Musicale poursuit en ce début de 21ème siècle ses objectifs initiaux : l'enseignement de la musique, la pratique musicale d'ensemble et la diffusion de la musique.

Informations extraites de «Société Musicale : 120 ans de musique à La Ferté-Alais », François RIVET, 1998